Lutte contre les violences sexuelles, sexistes et intra-familiales : journée du 25 novembre 2022

 
 

En France, on estime à plus de 213 000 par an le nombre de personnes victimes de violences intrafamiliales (Source : étude nationale sur les morts violences au sein du couple 2021 ministère de l’Intérieur et des Outre-Mer)

122 femmes, 21 hommes et 12 enfants sont morts sous les coups de leurs conjoint(e)s en 2021. Face à l’ensemble des violences faites aux femmes, cette priorité de haut niveau constitue le premier pilier de la Grande cause des quinquennats du président de la République.

W!FE

La journée du 25 novembre permet chaque année à l’ensemble des acteurs et actrices de réaffirmer que la lutte contre les violences faites aux femmes constitue une priorité.

À cette occasion, Fabienne BALUSSOU, préfète de la Haute-Vienne s’est rendu dans les locaux de l'association W!FE à Saint-Léonard-de-Noblat.

En déclinaison de l’une des mesures du Grenelle contre les violences conjugales « Aller-vers les femmes en milieu rural », l’État a accompagné et soutenu cette association pour créer le premier lieu d’accueil, d’écoute et d’orientation de victimes de violences conjugales en milieu rural en Haute-Vienne.

Après avoir visité les locaux, la préfète a échangé avec la présidente, Mme Valérie B. et les bénévoles de l’association, sur la création de ce lieu qui fêtera bientôt ses 2 ans d’existence.

L’association W!FE a obtenu l’agrément de la préfecture en mars 2021 et a reçu le label Génération « Égalité Voices » par l’ONU Femmes France en 2022. Il s’agit d’un lieu de transition afin que les personnes accueillies puissent se retrouver. L’accueil est tenu par dix bénévoles dont deux à temps plein assurant notamment une permanence téléphonique le mercredi après-midi et vendredi après-midi. Les locaux sont ouverts du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h.

Depuis son ouverture, 93 personnes (dont 4 hommes et 44 enfants) ont été reçues et accompagnées ; 11 adultes et 13 enfants ont été hébergés. La permanence téléphonique a généré 70 appels.


La situation en Haute-Vienne : des violences qui demeurent importantes et un engagement sans relâche de la part de l’État

La préfecture met en œuvre les orientations gouvernementales dans le cadre d’un Conseil local d’aides aux victimes (CLAV) et conduit un travail partagé entre les services de l’État, les collectivités et les associations. Le plan d’action départemental établi par le conseil local d’aide aux victimes de violences sexiste, sexuelle et intrafamiliale repose sur la nécessité de protéger les victimes et prévenir les violences. Ainsi, les dispositifs d’accueil, d’accompagnement et de suivi des victimes qui couvrent le territoire (intervenants sociaux en brigade et commissariat, accueil de jour, accueil de proximité, point d’écoute psychologique, groupes de parole, cellules de suivi des situations à risque) ont été pérennisés et renforcés.

En 2022 les moyens consacrés par l’État pour accompagner les initiatives et les différents dispositifs s’élèvent à 763 595  €.

Ils se décomposent comme suit :

Au titre du programme égalité femmes-hommes : 424 636 €

  • 209 605 € pour financer les associations d’aide aux victimes, les lieux d’accueil d’écoute d’orientation, les formations interprofessionnelles, les outils de communication (brochures, guides, expositions, conférence…), les nouveaux dispositifs d’accueil et d’écoute et les initiatives préparées dans le cadre du 25 nov.

Soit une augmentation de 42 605 € par rapport à 2021 ;

  • 215 031 € pour les centres de prise en charge des auteurs de violences conjugales dans 6 départements Nord-Nouvelle Aquitaine (CPCA), soit une augmentation de 59 031 € par rapport à 2021. La part de la dotation pour l’antenne locale CPCA87 est de 47 931 €.

Au titre du fonds interministériel de prévention de la délinquance : 74 806 €

  • ARSL dispositif CPCA : 2 000 €
  • France Victimes87 - Prévention de la récidive et de la délinquance familiale : 5 800 €
  • Ville de Limoges :
    • actions de prévention des violences faites aux femmes : 10 000 €
    • intervenant social au commissariat : 25 000 €
  • W!FE, lieu d’accueil et d’écoute victimes : 2 389 €
  • Association Reliance - Médiation familiale : 1 700 €
  • Conseil départemental : Intervenant social en gendarmerie : 27 917 €

Au titre du programme 177 de la DDETSPP

  • ARSL : 28 000 € pour le financement des places d’hébergement des auteurs de violences
  • ARSL : 236 153 € pour le financement des 31 places d’hébergement des victimes & enfants

Au titre de l’appel à manifestation d’intérêt de la commissaire à la pauvreté NA :


Quelques exemples de mesures déployées en Haute-Vienne

  • De nouvelles solutions d’hébergement ont vu le jour : 5 nouvelles places ont ouvert début juillet, portant le nombre de places à 31, correspondant à la cible fin 2022 de la réforme prioritaire.
  • Afin de prévenir les violences les plus graves, les outils de protection ont été augmentés. Le nombre de téléphones grave danger est passé de 2 en 2018 à 25 en 2022. Au 1er octobre 2022, 37 TGD ont été remis dont27 sont actifs actuellement.
  • Les bracelets anti-rapprochements se déploient : 3 ont été prononcés en 2022 et ont été mis en place depuis l’instauration de ce dispositif en 2021.
  • L’accompagnement individuel renforcé des auteurs est assuré par le nouveau centre de prise en charge des auteurs Nord Nouvelle-Aquitaine (CPCA). 4 places d’hébergement des auteurs ont été créées au sein de l’antenne locale en 2022 pour faciliter l’éviction du conjoint violent et prévenir la récidive.
  • Les services de police et de gendarmerie se sont réorganisés pour améliorer l’accueil et l’accompagnement des victimes par la création de cellules de lutte contre les atteintes aux personnes et d’une maison de la protection des familles.
  • De nouvelles conventions ont été adoptées : convention pour l’accueil, l’accompagnement des victimes de violences intrafamiliales, sexistes et sexuelles dans les établissements de santé ; convention au repérage et au signalement des victimes de violences conjugales avec les différents Ordres, médecins, infirmiers, sage-femmes et masseurs kinésithérapeutes ; convention pour le transport en urgence des victimes de violences...
  • Enfin, de nombreux professionnels (forces de sécurité, professionnels de santé, éducation nationale, professionnels des réseaux de lutte contre les violences) ont bénéficié de formation sur les violences conjugales, sur les répercussions traumatiques sur les enfants, sur les violences sexuelles ou encore sur la prise en charge des victimes en situation de handicap.

La lutte contre les violences sexuelles et sexistes est l’affaire de chacun d’entre nous.

Victimes, vous n’êtes pas seules, témoins vous pouvez agir :

  • contacter les forces de l’ordre (17 ou 114 par texto)
  • signaler les violences et/ou dialoguer par tchat avec les forces de l’ordre sur arretonslesviolences.gouv.fr
  • échanger de manière gratuite et anonyme avec des écoutantes professionnelles au 39 19

Auteurs, vous pouvez être aidé en contactant

  • la ligne « Ne frappez pas » (anonyme et gratuite) 08 019 019 11
  • le centre de prise en charge des auteurs de violences