Communiqués de presse

Loup : l’État et le Conseil régional lancent une étude de vulnérabilité au risque de prédation des élevages de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne

 
 

Depuis son retour en France dans les années 90, le loup a recolonisé naturellement les Alpes françaises, puis les Pyrénées et le Massif Central et progresse depuis sur une grande partie de l’est de la France.

Le Limousin constitue désormais un front de colonisation de l’espèce. À ce jour, dans les départements de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne, aucun des constats sur bétail domestique expertisés par le réseau Loup/Lynx de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFSOffice national de la chasse et de la faune sauvage) n’a été attribué au loup. Ces territoires, marqués par une forte activité d’élevage, demeurent fragiles face à son arrivée. Devant l’inquiétude des éleveurs et de la profession agricole, la préfète de la Creuse, les préfets de la Corrèze et de la Haute-Vienne ont décidé de lancer conjointement une étude de vulnérabilité des élevages de leur territoire au risque de prédation par le loup.

Cette étude qui s’inscrit dans le cadre du plan national d’actions loup et activités d’élevage 2018-2023 sera co-financée par la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DRAAFdirection régionale de l'alimentation de l'agriculture et de la forêt) et le Conseil Régional de Nouvelle Aquitaine. A l’issue d’un appel d’offre, elle a été confiée à l’Institut de l’Élevage (IDELE) qui la mènera en partenariat avec les Chambres départementales d’agriculture de la Creuse, de la Corrèze et de la Haute-Vienne en associant également des experts du réseau national COADAPHT (sur la coadaptation entre prédateurs et humains dans leur territoire) reconnus pour leurs connaissances dans les relations entre pastoralisme et prédation.

Le premier comité de pilotage de l’étude s’est déroulé le 28 août 2019 à Limoges, composé de la DRAAFdirection régionale de l'alimentation de l'agriculture et de la forêt, de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREALdirection régionale de l'environnement de l'aménagement et du logement), du Conseil Régional Nouvelle Aquitaine, de la délégation régionale de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (DR-ONCFSOffice national de la chasse et de la faune sauvage) et des trois Directions départementales des Territoires (DDT).

L’étude ainsi lancée se déroulera de fin août 2019 à mai 2020. L’objectif est d’identifier les facteurs de vulnérabilité des différents systèmes d’élevage et de proposer des mesures de protection des exploitations adaptées au territoire et aux conditions d’élevage. Par ailleurs, cette étude évaluera les conséquences prévisibles de la gestion de la présence du loup sur les exploitations d’un point de vue économique, environnemental et social.

En parallèle de cette étude, afin de faciliter dès aujourd’hui la mise en place par les éleveurs de mesures de protection de leurs troupeaux, l’État et le Conseil Régional ont ouvert cette année des dispositifs d’aides dans le cadre du FEADER. Par ailleurs, en cas de prédation de leurs bêtes attribuée au loup, comme le prévoit le Plan Loup, ils pourront bénéficier d’indemnisations pour les pertes occasionnées. Ce dispositif vient d’être revu au niveau national afin de mieux prendre en compte les dommages aux troupeaux.